La signification de ce concept, dans la langue Runa Simi, plus connue comme le Quechua est : JE TRAVAILLE EN RÉCIPROCITÉ, en collaboration, en solidarité mutuelle.
Le concept d'Ayni était utilisé bien avant les incas, mais ceux ci l'ont diffusé dans toute l'aire du Tawantinsuyu (Colombie du sud, Equateur, Pérou, Chili, Argentine au nord) L'Ayni consistait au travail solidaire destiné à l'usufruit des communautés : construction de chemins, d'enceintes d'éducation et de formation, de bâtiments publics, de places de jeux, etc..
Aujourd'hui, après des siècles de lutte contre l'oppression et la division entre les peuples de la soi-disant Amérique ou d'Awya Yala, l'unité de ceux-ci se matérialise pendant les grandes rencontres des organisations sociales populaires de base, non sans efforts mais malgré les obstacles réactionnaires comme ceux auxquels sont confrontés la Bolivie et le Venezuela.
Tout cela pour la construction d'une nouvelle société dans nos grands territoires et avec nos grandes et diverses cultures amoureuses de la paix et de la solidarité.
Présentation
Le Projet Ayni est né en juin 2002 avec l'objectif d'offrir une possibilité d'éducation aux jeunes aborigènes de la Quebrada de Humahuaca à travers la création de la Résidence Estudiantine Communautaire, il a été présenté aux Fondations Arcor et Antorchas en vue d'évaluation, et tout de suite approuvé et financé par ces deux institutions.
Cette initiative a pour objectif d'héberger les jeunes des deux sexes qui désirent poursuivre leurs études dans la ville d'Humahuaca. Le projet est une proposition d'éducation par le travail et par l'art, cherchant à réduire le phénomène d'abandon de la scolarité et ainsi prévenir les risques de rupture du processus d'éducation permanente ceci tout en promouvant le maintien, la valorisation et le respect des cultures originaires sous tous leurs aspects.
Aujourd'hui, un groupe de jeunes résidents a décidé de lancer un Projet de Tourisme Responsable avec comme but de générer un espace d'échange culturel orienté vers toutes les personnes qui désirent partager cette idée avec les habitants de la région, ceci en respectant le mode vie, l'interprétation du monde, la spiritualité, le mode de connaissance et le savoir de chacun. A cet effet quelques unes des pièces de la Résidence Estudiantine ont étés aménagées afin de pouvoir héberger les visiteurs qui partagent ces idéaux de convivialité culturelle. Le touriste qui visite nos communautés participera de cette façon à leur développement ainsi qu'à celui du projet éducatif tout en vivant une expérience unique dans l'échange intellectuel et culturel.
Tourisme Responsable
Dans la Résidence Estudiantine Ayni nous nous sommes proposés de mettre en pratique un projet coopératif de “tourisme responsable”. Qu'entendons nous par tourisme responsable ? : c'est un tourisme impliqué dans la vie des villages ou des communautés visités, qui respecte les coutumes, le mode de vie, l'identité culturelle, la spiritualité de ceux ci dans une relation d'échange de connaissances mutuelles, sans prétendre à ce qu'une culture soit supérieure à l'autre, mais en acceptant la différence. Afin de recevoir les personnes qui partagent ces concepts, nous nous sommes tous mis, étudiants et enseignement, au travail de réaménagement de quelques pièces de la Résidence.
Qu'offrons nous ? : notre expérience et notre culture en pleine harmonie avec le fantastique paysage qui nous entoure.
De quoi disposons-nous ? : deux dortoirs de 10 personnes chacun avec draps et couvertures, douches avec eau chaude. Une cuisine communes avec gazinière et ustensiles.
Fondements du Projet Ayni
A la fin de l'année scolaire, beaucoup de jeunes migrent vers des régions étrangères à leur culture à la recherche d'un travail, en général très peu qualifié, comme celui des récoltes du raisin, ou de pêches. Ce déracinement culturel, la sous-estimation de leurs propres connaissances ainsi que l'éloignement familial, font que beaucoup ne rentrent pas continuer leurs études ou ceux qui rentrent redoublent l'année scolaire car ils n'ont pas eu le temps de réviser les matières où ils n'avaient pas obtenu la moyenne nécessaire pour passer dans une classe supérieure. Tout ceci favorise l'abandon définitif de l'école, avec les graves conséquences que cela apporte : marginalisation, prédisposition à la délinquance, etc..De plus, la désertification dans ces régions est en augmentation continue, la population juvénile est presque inexistante, c'est pour cela que l'on peut voir un grand nombre de maisons abandonnées dans différentes communautés, ou des terres seulement travaillées par des vieillards et de jeunes enfants. La tendance des jeunes hommes à émigrer, est peut-être la seule "option" face à l'absence d'alternatives valables à leurs intérêts en tant que originaires. Cette situation a aussi des répercussions sur la Résidence Aborigène Communautaire, en effet les jeunes y viennent aussi pendant les vacances à la recherche de travail, dans ce cadre la mise en place du projet de tourisme responsable, en devenant source d'emploi, contribuerait dans une certaine mesure à prévenir l'exode rural des jeunes, de plus il permettrait la continuité du développement de l'expression culturelle des communautés Aborigènes , tissus, poterie, musique, témoignages de l'art populaire aujourd'hui dépréciés.
dimanche 27 janvier 2008
Caractéristiques socioculturelles de la zone
La région où nous comptons installer le projet de « Tourisme responsable » se trouve dans
la Quebrada de Humahuaca. les études anthropologiques réalisées dans la région pensent que les premières cultures locales remontent à 10.000 ans.
Bien que difficile à définir ethniquement parlant, vu la proximité des Yungas et leur type de production pecuari(1) on peu dire que sous beaucoup aspects les habitants ressemblent aux populations chaquenses-guaraníticas. Ce qui est sûr c'est qu'à leur arrivée les conquistadores ont observé un grand échange de produits entre les populations de la région chaqueña, andine et la région côtière (l'océan le Pacifique).
Actuellement, les populations travaillent dans les terres communautaires (2) qu'ils possèdent des deux côtés de la précordillière du Zenta, la zone de transition quebrada-puna, à l'ouest de ce cordon montagneux et la zone des hautes vallées, les Yungas, à l'est. En général les familles développent seules leurs propres activités agricoles, cependant, lorsqu'il s'agit de construire ou de maintenir les chemins vicinaux ou les chemin d'accès aux vallées ainsi que quand se présentent des problèmes qui peuvent toucher à son intégrité physique ou intellectuelle, c'est toute la communauté qui participe aux travaux. Les décisions se prennent dans les assemblées qui peuvent durer quelques jours, parfois nécessaires pour arriver à un accord ou un possible consensus. La communauté dans son ensemble assiste à ces réunions et quand la situation le requiert un(e) délégué(e) est nommé(e) comme représentant dans les instances extra territoriales.
L'économie est une économie de subsistance, ils produisent leurs propres aliments (grains, légumes, bétail bovin, ovin ,chèvres et dans une plus faible mesure camélidés), le peu d'excédent est échangé contre d'autres produits dans le cadre de fêtes, rencontres de communautés ou d'organisations aborigènes. Il n'y a que quand ils sont obligés d'aller à la ville, pour acheter quelques produits nécessaires à l'agriculture ou pour payer leurs impôts qu'ils ont recours à l'argent.
Pour la production agricole ils utilisent encore des techniques rudimentaires, des charrues tirées par des boeufs ou des chevaux, cela est dû aux fortes pentes des montagnes qui rendent l'usage du tracteur impossible, ils utilisent aussi un instrument originaire connu sous le nom de “chaki taqlla”, qui remplit une fonction similaire à la charrue. Il est habituel de voir de grandes parcelles non cultivées car les communautés ont gardé cette coutume millénaire qui consiste à laisser reposer la terre durant 5 ans avant de la recultiver. On peut remarquer aussi que les communautés de ces régions possèdent différents types de parcelles disséminées dans la puna, la quebrada, la vallée, la forêt, elles maintiennent ainsi la distribution territoriale de « l'Incario » (3)
(1) Les communautés alternent le travail d'élevage et de culture suivant la période de l'année : en été ils se maintiennent dans la région puna-quebrada, alors qu'en hiver ils se déplacent dans la vallée et dans les Yungas (plus chauds et productifs en hiver)
(2) Il est important de souligner que les terres sont considérées comme communautaires par les habitants, bien que officiellement les institutions gouvernementales ne leur reconnaissent pas un tel statut.
(3) A l'époque inca la terre avait un caractère communautaire, elle appartenait à l'Ayllu à l'inca et au soleil, les parcelles étaient distribuée dans des unités agraires appelées, tupu, sayaña et aynoka.
la Quebrada de Humahuaca. les études anthropologiques réalisées dans la région pensent que les premières cultures locales remontent à 10.000 ans.
Bien que difficile à définir ethniquement parlant, vu la proximité des Yungas et leur type de production pecuari(1) on peu dire que sous beaucoup aspects les habitants ressemblent aux populations chaquenses-guaraníticas. Ce qui est sûr c'est qu'à leur arrivée les conquistadores ont observé un grand échange de produits entre les populations de la région chaqueña, andine et la région côtière (l'océan le Pacifique).
Actuellement, les populations travaillent dans les terres communautaires (2) qu'ils possèdent des deux côtés de la précordillière du Zenta, la zone de transition quebrada-puna, à l'ouest de ce cordon montagneux et la zone des hautes vallées, les Yungas, à l'est. En général les familles développent seules leurs propres activités agricoles, cependant, lorsqu'il s'agit de construire ou de maintenir les chemins vicinaux ou les chemin d'accès aux vallées ainsi que quand se présentent des problèmes qui peuvent toucher à son intégrité physique ou intellectuelle, c'est toute la communauté qui participe aux travaux. Les décisions se prennent dans les assemblées qui peuvent durer quelques jours, parfois nécessaires pour arriver à un accord ou un possible consensus. La communauté dans son ensemble assiste à ces réunions et quand la situation le requiert un(e) délégué(e) est nommé(e) comme représentant dans les instances extra territoriales.
L'économie est une économie de subsistance, ils produisent leurs propres aliments (grains, légumes, bétail bovin, ovin ,chèvres et dans une plus faible mesure camélidés), le peu d'excédent est échangé contre d'autres produits dans le cadre de fêtes, rencontres de communautés ou d'organisations aborigènes. Il n'y a que quand ils sont obligés d'aller à la ville, pour acheter quelques produits nécessaires à l'agriculture ou pour payer leurs impôts qu'ils ont recours à l'argent.
Pour la production agricole ils utilisent encore des techniques rudimentaires, des charrues tirées par des boeufs ou des chevaux, cela est dû aux fortes pentes des montagnes qui rendent l'usage du tracteur impossible, ils utilisent aussi un instrument originaire connu sous le nom de “chaki taqlla”, qui remplit une fonction similaire à la charrue. Il est habituel de voir de grandes parcelles non cultivées car les communautés ont gardé cette coutume millénaire qui consiste à laisser reposer la terre durant 5 ans avant de la recultiver. On peut remarquer aussi que les communautés de ces régions possèdent différents types de parcelles disséminées dans la puna, la quebrada, la vallée, la forêt, elles maintiennent ainsi la distribution territoriale de « l'Incario » (3)
(1) Les communautés alternent le travail d'élevage et de culture suivant la période de l'année : en été ils se maintiennent dans la région puna-quebrada, alors qu'en hiver ils se déplacent dans la vallée et dans les Yungas (plus chauds et productifs en hiver)
(2) Il est important de souligner que les terres sont considérées comme communautaires par les habitants, bien que officiellement les institutions gouvernementales ne leur reconnaissent pas un tel statut.
(3) A l'époque inca la terre avait un caractère communautaire, elle appartenait à l'Ayllu à l'inca et au soleil, les parcelles étaient distribuée dans des unités agraires appelées, tupu, sayaña et aynoka.
Inscription à :
Messages (Atom)